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Carine, bénévole pour Caritas Alsace

Carine, bénévole à Strasbourg

Au sein de Caritas Alsace à la permanence du Neuhof, Carine est aujourd’hui engagée dans plusieurs domaines : l’épicerie solidaire, l’accompagnement administratif des familles ainsi que les projets de départs en vacances. À travers chacun de ces engagements, elle porte la même conviction : recréer du lien, soutenir les parcours de vie et redonner confiance là où elle s’est fragilisée.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 63 ans et je suis à la retraite depuis fin 2022. J’ai passé près de quarante ans au sein de la même entreprise, dans le secteur de l’énergie, à l’Électricité de Strasbourg. Au fil de mon parcours, j’y ai occupé différents postes, principalement tournés vers les activités sociales et administratives.

Depuis combien de temps êtes-vous bénévole ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager ?

C’était assez naturel pour moi. J’ai toujours eu une fibre sociale, au point d’avoir déjà envisagé, plus jeune, de devenir assistante sociale. Avec mon mari et ma fille, nous participions déjà chaque année au repas de Noël de la permanence Caritas de l’Arc-en-ciel, devenu un moment fort pour nous. D’ailleurs, depuis maintenant 15 ans, nous y allons toujours tous les ans !

Et puis, au moment de tourner la page de la vie professionnelle, l’envie d’aller plus loin s’est présentée naturellement. J’ai assisté à une réunion d’information organisée par Caritas Alsace, qui m’a permis de découvrir la diversité de leurs actions.

J’ai tout de suite été attirée par les épiceries solidaires. Quand j’ai appris qu’une nouvelle permanence ouvrait en juillet 2023 au Neuhof, j’ai décidé de me lancer. L’accueil que j’ai reçu a aussi été déterminant, je me suis sentie tout de suite à ma place.

Quelles sont vos missions aujourd’hui à l’épicerie ?

J’interviens à la fois à l’épicerie solidaire et lors des grandes ventes solidaires à la boutique à Neuhof. À la boutique, on vend des vêtements et objets à petit prix. C’est ouvert à tous. À l’épicerie, c’est différent : nous accueillons des familles orientées par des travailleurs sociaux.

Nous étudions les dossiers en commission toutes les deux semaines et nous décidons ensemble de l’aide à apporter. Je participe aussi au travail administratif avec la secrétaire : suivi des dossiers, convocations, explications aux familles, organisation des rendez-vous.


Et puis, il y a surtout l’accueil. C’est ce que je préfère : être au contact des personnes, échanger, écouter, parfois simplement partager un café. Ce qui me marque particulièrement c’est de voir à quel point certaines personnes, malgré un emploi, ont besoin d’aide.

Les charges, notamment l’énergie, pèsent énormément. Il y a aussi des difficultés de gestion budgétaire. Certaines personnes ne savent plus comment organiser leurs dépenses. Cela peut entraîner des situations très compliquées.

Vous êtes aussi bénévole du dispositif vacances, pouvez-vous nous en parler ?

Oui, j’accompagne des familles dans la construction de leurs projets de vacances. Cela consiste à monter un dossier avec elles, à travailler sur le budget, les aides possibles et l’organisation du séjour.

J’accompagne également des enfants pour leur permettre de partir en vacances dans des familles bénévoles volontaires. C’est une approche très différente de l’épicerie. On sort de l’urgence pour s’inscrire dans un projet construit, sur un temps plus long.

Qu’est-ce que ces projets apportent selon vous ?

Les vacances sont bien plus qu’un simple départ : elles représentent une véritable reprise de confiance. Pour certains enfants, c’est découvrir autre chose que leur quotidien. Pour certaines familles, c’est se dire : “je suis capable de partir, de gérer, de rencontrer d’autres personnes”. C’est aussi une ouverture vers l’extérieur, une respiration dans des vies parfois très difficiles.

Y a-t-il une rencontre qui vous a particulièrement marquée ?

Oui, celle d’une jeune maman que je voyais régulièrement à l’épicerie. Elle traversait une période difficile, mais elle était toujours très positive. Petit à petit, elle a réussi à régler ses dettes et à avancer.

Aujourd’hui, elle travaille, elle avance. Et je me dis que l’accompagnement a compté à un moment charnière de sa vie. Ce sont ces histoires-là qui donnent du sens à tout le reste. Sa fille a également pu partir en vacances grâce au dispositif.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à devenir bénévole ?

Je lui dirais qu’il existe de nombreuses façons de s’engager et que chacun peut trouver sa place. C’est aussi quelque chose auquel il faut réfléchir en amont, et pas seulement au moment de la retraite. Et surtout, il ne faut pas avoir peur de pousser la porte des associations. Les associations ne peuvent pas fonctionner sans bénévoles.

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