Contexte

Ce partenariat a été initié fin d’année 2019, en vue de faire redémarrer la viticulture dans la plaine de Ninive en Irak. La ville de Karamles, connue depuis 3000 ans avant Jésus-Christ pour ses champs et ses plants de vigne, forte de 10000 habitants, est tombée dans les mains de Daech en 2014 puis libérée par l’armée irakienne fin 2017. Plus de 360 familles sont revenues pour reconstruire leurs maisons brûlées ou détruites, avec une volonté de replanter des vignes, principale ressource de la région. C’est la raison pour laquelle Caritas Alsace a tenu à s’engager pour une période pluriannuelle car ce projet conditionne le retour de populations en exil.

Constitué de 12 paroisses, le diocèse de Mossoul et Akra a été fondé en 1995. Abritant une minorité chrétienne importante, le diocèse a payé un lourd tribut à la guerre et à l’exil, comme en témoigne l’Eglise de la Vierge Marie de Mossoul, incendiée par l’Etat islamique en février 2015. Dans cette ville meurtrie, le Pape François a prié pour les victimes de toutes les guerres au moment de sa visite historique le 7 mars dernier.

Plusieurs sortes de raisins existent dans la région, du rouge, du noir et du blanc, avec ou sans pépins. Le raisin est ainsi vendu tel quel, transformé (vin, jus de raisin, raisin sec) ou aussi utilisé dans la préparation du célèbre plat gastronomique le « Dollema » (feuilles de vigne farcies de riz et de viande épicée).

Aujourd’hui, le projet consiste à aider les viticulteurs de Karamles pour replanter leur vignoble et améliorer la production. Ce projet pourrait aider et faire vivre 50 à 60 familles, grâce à l’aide de l’Eglise diocésaine de Mossoul et Akra qui peut mettre à disposition des terrains ou aider à gérer les terrains de familles parties en exil, avec l’approbation des propriétaires. Par ailleurs, quelques familles ont leur propre petit terrain sans avoir pour le moment les moyens de le cultiver. Ce projet de relance de la viticulture constitue aussi un point de départ pour stimuler les jeunes afin qu’ils reprennent en main leur avenir, travaillent et se réapproprient leurs terres. Dans un Kurdistan meurtri par des années de guerre, il y a besoin d’accompagner les jeunes actifs pour rendre des emplois accessibles et de nouveaux microprojets rentables pour vivre.

Le projet

Après une fine analyse de la situation et le diagnostic des besoins essentiels, les priorités d’action concernent :

  • L’achat d’un tracteur de petite taille avec son équipement pour labourer la terre
  • La construction d’un forage d’un ou deux puits de 50 à 60 mètres de profondeur comme source d’arrosage
  • La mise en œuvre d’un système d’arrosage composé de tuyaux d’égouttement et d’un réservoir d’eau
  • La construction d’une petite salle de gardiennage et d’un abri de repos pour le matériel et autres…

 

Après la phase de plantation, en attendant le mûrissement des vignes, il est également envisageable de planter entre les ceps diverses sortes de végétations saisonnières, comme des plants de fruits de saison, ou les fameuses roses de Karamles, ou encore des oliviers, afin de démarquer les différentes propriétés et de rentabiliser le travail des familles, tout en embellissant les champs de la ville. Chacun des 50 à 75 domaines pourrait être entouré et protégé par une grille ou du fil barbelé de 200 à 250 mètres de long.

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