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Yohann, bénévole à la Maison du 30

Enseignant en mathématiques et informatique à l’Université de Strasbourg, Yohann s’engage bénévolement depuis juin 2025 à la Maison du 30, un dispositif innovant porté par Caritas Alsace pour accompagner la réinsertion d’anciens détenus. Pour lui, son bénévolat est fondé sur l’échange et l’écoute, avec la conviction profonde que l’accompagnement peut transformer des vies.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir bénévole à Caritas Alsace ?

Je voulais me rendre utile. Caritas Alsace agit face à des réalités concrètes, et la Maison du 30 répond à un véritable enjeu : la réinsertion après la détention. Professeur de métier, je crois en la force d’un accompagnement personnalisé. Être là dans un moment de fragilité, tendre la main sans juger, redonner confiance et ouvrir des perspectives : c’est cette conviction qui donne tout son sens à mon engagement.

 

Concrètement, quelles sont vos missions à la Maison du 30 ?

Chaque semaine, je suis présent, notamment le mercredi matin, autour du petit-déjeuner partagé avec les résidents et l’équipe. Je fais aussi parfois des permanences le jeudi après-midi.

Il n’y a pas de mission figée : l’essentiel, c’est la présence. Un café, une discussion, une écoute attentive. On parle de tout : science, politique, sport… Certains résidents posent des questions profondes sur le monde et ses mystères, et j’essaie de partager mes connaissances pour éclairer leurs interrogations. Au fil du temps, de vrais liens se créent. Certains reviennent après leur départ, et nos conversations reprennent comme si elles n’avaient jamais été interrompues.

Les bénévoles viennent de tous horizons, avec des âges, des métiers et des parcours de vie différents, Cette diversité de regards et d’expériences fait toute la force et la complémentarité de notre action.

 

Y a-t-il des rencontres qui vous ont particulièrement marqué ?

Les premières rencontres marquent toujours. L’un des résidents, malgré un parcours difficile et parfois autodestructeur, m’a montré une bonté profonde et la capacité de s’en sortir. Un autre, d’abord réservé, s’est révélé différent une fois que l’on prend le temps de le connaître. Il a quitté la structure et, à ce que je sais, sa réinsertion se passe bien.

Je me souviens aussi d’un moment où nous avons expliqué aux résidents pourquoi nous étions là. Quand l’un d’eux a simplement dit « merci », en comprenant que notre présence était bénévole, ça m’a touché. Même si on a l’impression de ne pas faire grand-chose, notre engagement compte vraiment.

 

Certaines situations sont-elles difficiles ?

Il y a des parcours de vie compliqués. Parfois, des résidents vivent un contrecoup, prennent conscience de leurs erreurs passées et traversent des phases de découragement, voire d’auto-sabotage. Nous ne sommes pas des professionnels de la justice, ni des psychologues. Heureusement, il y a une équipe salariée pour encadrer et accompagner. Il y a des réunions d’équipe mensuelles, et même la possibilité d’échanger avec une psychologue si besoin. C’est précieux pour nous de pouvoir partager nos ressentis et de trouver du soutien face aux situations les plus délicates.

 

Quel message aimeriez-vous transmettre ?

L’engagement doit rester un choix personnel, mais chacun peut, à sa manière, faire la différence. Témoigner de son expérience, partager pourquoi l’on s’investit, c’est peut-être semer une graine qui germera chez quelqu’un d’autre. Beaucoup ignorent la diversité des actions menées par Caritas. Chaque contribution, même modeste, compte.

Par ailleurs, faire connaître l’existence de structures comme la Maison du 30, c’est important. Il faudrait plus de structures comme le 30. Les aménagements de fin de peine et l’accompagnement vers la réinsertion sont bénéfiques, non seulement pour les personnes concernées, mais pour la société tout entière.

Offrir une chance, tendre la main et croire en l’autre, c’est ainsi que le bénévolat transforme des vies.

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