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Huguette, bénévole au marché des Collines à Mulhouse

Au Marché Solidaire des Collines, épicerie sociale à Mulhouse, bénévoles et personnes accueillies avancent ensemble dans un esprit de confiance et de partage. Huguette s’engage depuis de nombreuses années dans diverses associations, dont Caritas Alsace. Elle pense que le respect est la pierre angulaire de tout engagement.

Pouvez-vous vous présenter et expliquer en quoi consiste votre engagement bénévole au sein de Caritas Alsace ?

Je suis bénévole depuis 2011 au Marché Solidaire des Collines, dans le quartier des Coteaux à Mulhouse. Je viens deux à trois fois par semaine. Mon rôle principal consiste à accueillir et écouter les personnes accueillies, mais je m’occupe également des bilans et des contrats.

Les contrats formalisent un engagement mutuel entre la personne accueillie à l’épicerie sociale et notre équipe. Ils sont signés après une explication claire de leur objet, de leur durée, de leurs modalités et du montant de l’aide accordée.

Par ailleurs, nous réalisons régulièrement des bilans pour vérifier si l’accès à l’épicerie sociale a été utile et décider de son renouvellement. Depuis peu, je donne également des cours de français. Je siège aussi au Conseil d’Administration du CCAS (Centre communal d’Action Sociale) de Mulhouse.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir bénévole ?

Le bénévolat a toujours fait partie de ma vie, en parallèle de mon travail. J’ai été engagée pendant 30 ans au Planning familial. Je m’investis aussi dans d’autres associations, notamment pour aider des enfants atteints du sida au Togo, ainsi qu’à la Maison du Temps Libre de Mulhouse, où j’anime un atelier d’écriture.

Dans mon dernier poste, j’accompagnais des personnes sur des projets de courte durée à visée professionnelle. Pour moi, l’important est d’aider les autres, de les soutenir vers l’autonomie et de les voir réussir leurs projets.

Qu’est-ce qui vous marque le plus dans votre bénévolat ?

Ce que j’apprécie le plus, ce sont les liens particuliers que l’on peut créer avec les personnes. J’aime aussi repérer chez chacune ce petit quelque chose qui peut la mobiliser et l’amener à s’investir.

Parfois, c’est difficile de voir des personnes très dépendantes. Mais mon objectif reste de les encourager à agir pour elles-mêmes, pour leur famille ou pour leurs enfants. Je crois beaucoup à l’importance de l’exemple des parents.

Un point essentiel pour moi est le respect : prévenir en cas d’absence et veiller à ce que les bénévoles comme les personnes accueillies soient pleinement impliqués. Nous avançons ensemble, portés par les mêmes valeurs.

Avez-vous des rencontres qui vous ont particulièrement marquée ?

Oui, énormément. Voir des personnes timides s’ouvrir peu à peu, participer aux ateliers et gagner confiance en elles, c’est très émouvant. Parfois, il faut juste les encourager un peu pour qu’elles découvrent leurs capacités et s’impliquent. C’est merveilleux de les voir progresser, gagner en assurance et devenir plus autonomes.

Quelles difficultés remarquez-vous chez les personnes accueillies ?

Il y a beaucoup de jeunes et de familles confrontés à la précarité, à des problèmes de santé ou à la barrière de la langue. Suivre des cours de français n’est pas simple, surtout pour les femmes qui doivent gérer les enfants et les tâches quotidiennes. Les ruptures administratives et les incompréhensions liées aux droits sont fréquentes. Bref, c’est un quotidien compliqué. Chaque geste de soutien compte.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait devenir bénévole ?

Ici, on trouve une grande souplesse, du respect et la possibilité de vraiment faire quelque chose pour les autres. Personnellement, je n’ai jamais été jugée si je ne pouvais pas venir quelques fois. Chacun contribue à son rythme. Même un petit engagement, c’est déjà beaucoup.

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