Retour sur la formation Prison-Justice organisée par Caritas Alsace à Mulhouse
Une dizaine de bénévoles de Caritas Alsace ont participé le 10 mars dernier à une journée de formation consacrée au milieu carcéral et à l’action du pôle Prison-Justice de l’association. Intégrée au nouveau catalogue de formations des bénévoles, cette formation avait pour objectif de mieux comprendre le parcours judiciaire en France, les acteurs de la détention, ainsi que l’action et l’évolution du pôle Prison-Justice de Caritas Alsace.
Organisée à la permanence Drouot de Mulhouse et animée par Alain, ancien magistrat bénévole à la maison d’accueil « Le 30 », et Gaëlle L’hermitte, coordinatrice du pôle, la formation a également permis de rappeler le rôle clé des bénévoles pour accompagner les détenus et leurs familles.
Un système judiciaire décrypté
La matinée a été consacrée à une présentation du parcours pénal. Les participants ont pu distinguer les différentes catégories d’infractions (contraventions, délits et crimes) ainsi que les juridictions compétentes. Le rôle des principaux acteurs judiciaires a également été détaillé : magistrats du siège, procureurs, juge des libertés et de la détention ou encore juge d’instruction.
L’organisation en trois niveaux de juridiction a été explicitée, du tribunal judiciaire à la Cour de cassation, en passant par la cour d’appel. Un éclairage international est venu enrichir les échanges, avec une comparaison du système pénal aux Etats-Unis, marqué par un recours massif à l’incarcération.
Plongée dans la réalité carcérale
L’après-midi, le témoignage d’un père de famille incarcéré a été partagé, apportant une dimension humaine à la formation. Un moment qui a permis de dépasser l’approche théorique pour mieux saisir la réalité des parcours de vie derrière les décisions de justice.
Les différents types d’établissements pénitentiaires ont été présentés : maisons d’arrêt, centres de détention, maisons centrales, et centre pénitentiaire, structures de semi-liberté ainsi que les dispositifs d’aménagement de peine, essentiels à la réinsertion.
La question des conditions de détention a également été abordée, notamment sous l’angle de la précarité : environ un quart des personnes détenues sont sans ressources suffisantes. Le coût de l’incarcération pour l’Etat, estimé à 120 euros par jour et par détenu, a été comparé à celui du bracelet électronique, bien inférieur, illustrant les enjeux économiques et sociaux liés aux politiques pénales.
Quelques chiffres marquants
• 25 % des personnes détenues sont en détention provisoire, en attente de jugement,
• Les homicides ont été divisés par deux en 20 ans,
• 95 000 enfants sont concernés par l’incarcération d’un ou des deux parents,
• Un enfant peut rester en détention avec sa mère jusqu’à ses 18 mois,
• Le travail d’intérêt général (TIG) a été instauré en 1983.
Le rôle essentiel des bénévoles
Au cours de cette journée, l’importance de l’engagement bénévole a été soulignée. Ces actions contribuent à créer du lien, à restaurer la confiance et à reconnaître les personnes au-delà de leur condamnation. Pour beaucoup de personnes accompagnées, ces rencontres sont l’occasion de ne plus être réduites à leur passé.
Au-delà des aspects juridiques, la formation a porté une réflexion plus large sur la place des personnes détenues dans la société. « La prison est une privation de liberté, pas une privation d’humanité », a rappelé Gaëlle Lhermitte, coordinatrice du pôle Prison-Justice.
Grâce à l’engagement des bénévoles, Caritas Alsace développe des actions concrètes : soutien aux personnes indigentes, aide administrative par les écrivains publics, accompagnement des familles, soutien à la parentalité à la Mezzanine, accompagnement à la réinsertion au « 30 »…
Autant d’initiatives qui visent à lutter contre l’isolement, maintenir les liens et préparer la réinsertion. La formation s’est conclue par un échange entre bénévoles autour des actions locales et des perspectives à venir.
Ils ont participé à la formation, découvrez leurs retours :
« Petit groupe de 12 personnes, idéal pour favoriser la prise de parole de chacun. La question d’introduction “À quoi devrait servir la prison ?” permet vraiment de lancer la réflexion. Les ressources proposées donnent envie d’approfondir le sujet individuellement. »
« Des animateurs complémentaires. La formation permet de mieux comprendre le milieu carcéral et les actions de Caritas Alsace sur ce sujet. »
« Formation très intéressante, avec une bonne vue d’ensemble du système judiciaire. Les échanges sont riches et le format sur une journée est adapté. »
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