Dans les coulisses de l’atelier confitures de Caritas Alsace : solidarité, transmission et partage
Bien plus que des pots de confiture, l’atelier de Caritas Alsace à la Maison Drouot à Mulhouse est une histoire de rencontres et de transmission, où chacun trouve sa place.
Chaque semaine, bénévoles, personnes accueillies, passionnés de cuisine et curieux se retrouvent autour d’un même geste : préparer des confitures solidaires. Derrière les étiquettes soigneusement posées, c’est une aventure collective qui se tisse, faite de partage, de convivialité et de solidarité.
Comme le résume Marie-France, Responsable de la permanence Drouot : « Cet atelier incarne le lien social, la transmission et la solidarité. Des personnes qui ne se seraient jamais croisées ailleurs se rencontrent ici. Et c’est ça qui est beau. »
Un atelier qui existe depuis plus de vingt ans
L’atelier confiture fait partie de l’histoire de la maison depuis de nombreuses années. Au fil du temps, certaines bénévoles sont restées, d’autres sont arrivées au gré des rencontres, mais l’esprit, lui, n’a pas changé.
Chaque semaine, une quinzaine de personnes se retrouvent pour transformer fruits et recettes en dizaines de pots soigneusement préparés. Ici, rien n’est laissé au hasard : lavage, stérilisation, hygiène stricte, tabliers et charlottes… tout suit une organisation bien précise.
« Il y a toute une procédure », rappelle Sonia, animatrice d’ateliers créatifs. « Les pots doivent être parfaitement propres, les couvercles sont neufs et tout est préparé avec beaucoup de rigueur. Certains pots vides nous sont envoyés par des bénévoles depuis la centrale de Centre pénitentiaire d’Ensisheim. Chaque année, environ 700 à 1 000 pots sont ainsi collectés. »
Un lieu de partage et d’apprentissage pour certains
Au-delà de la confection des confitures, l’atelier est aussi un espace de rencontre et d’échange. Certaines personnes présentes suivent parallèlement des cours de Français Langue Etrangère (FLE) à la maison Drouot et retrouvent dans l’atelier une manière concrète de pratiquer la langue tout en créant du lien.
L’ambiance y est chaleureuse et bienveillante. Entre les discussions autour des recettes, les gestes transmis de mémoire et les éclats de rire, chacun trouve naturellement sa place.

Des recettes parfois improbables
L’atelier est aussi un terrain d’expérimentation culinaire. Si les grands classiques restent appréciés, certaines recettes surprennent par leur originalité. Le record de production atteint même 74 variétés différentes en 2024.
Parmi les créations les plus inattendues : une confiture à base de sapote, un fruit originaire du Brésil, décrit comme un mélange entre la mangue et d’autres fruits exotiques. Mangue, kiwi, banane, fruits méconnus ou associations audacieuses : chaque cuisson devient l’occasion de tester de nouvelles saveurs.
« Parfois, il faut faire des recherches pour comprendre comment travailler certains fruits », raconte une bénévole en souriant.
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Un projet profondément solidaire
L’atelier fonctionne grâce à une véritable chaîne de solidarité. Les fruits proviennent de dons, certains bocaux sont récupérés, et de nombreux bénévoles participent à chaque étape de fabrication.
Les bénéfices générés est d’environ 3 500 euros par an permettent de soutenir d’autres actions de l’association.
Et chaque cuisson garde une dimension solidaire : une partie de la production est directement destinée aux petits-déjeuners solidaires de Strasbourg, Colmar ou d’autres structures d’accueil.
Des liens qui dépassent l’atelier
Au fil des années, l’atelier est devenu un véritable lieu de vie. Pour beaucoup, le rendez-vous hebdomadaire est devenu essentiel.
« Moi, ce que j’aime ici, c’est sortir de chez moi pour venir voir mes copines », confie l’une des participantes avec émotion.
Les liens créés sont parfois très forts. Récemment, le fils d’une ancienne bénévole décédée a souhaité revenir voir les participantes qui avaient connu sa mère. Un geste simple, mais révélateur de l’importance des relations humaines tissées autour de ces ateliers.
Derrière l’atelier, le visage de Sonia
Présente depuis plus de vingt ans au sein de la maison, Sonia connaît l’atelier confiture mieux que quiconque. Après avoir été bénévole pendant plusieurs années, elle a ensuite été recrutée pour occuper un poste spécialement créé autour de l’animation et de l’accompagnement des ateliers participatifs, dont celui des confitures.
Son parcours est atypique. Dans les années 1970, son école expérimentait déjà un système inspiré du modèle allemand : les matinées étaient consacrées aux cours théoriques, tandis que les après-midis permettaient aux élèves de découvrir différentes activités manuelles et techniques. Couture, mécanique, dessin technique ou encore bricolage : chacun pouvait apprendre sans distinction entre filles et garçons.
« Tous les trimestres, on changeait d’activité. C’est comme ça que j’ai appris énormément de choses », raconte-t-elle.
Aujourd’hui encore, Sonia assure la coordination d’une quarantaine d’ateliers dans le Haut-Rhin. Elle intervient également en appui, sur sollicitation téléphonique, auprès du Bas-Rhin ou à l’échelle nationale.



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