Logo Fédération

Chantal, entre engagement et transmission

À 70 ans, Chantal n’a jamais vraiment quitté le travail social. Elle en a simplement changé les formes. Pendant 30 ans, elle a exercé comme assistante sociale au sein de la Collectivité européenne d’Alsace, où elle a contribué à initier des projets collectifs.

Sa carrière ne suit pourtant pas une ligne droite. Elle s’est ajustée, interrompue, reprise. Quatre enfants, des pauses, puis un nouveau départ en libéral, en fin de carrière.

Chez Chantal, l’engagement ne s’est jamais arrêté : il a simplement changé de forme, au rythme de la vie.

Le Covid comme point de bascule : transformer l’inactivité en action

Avec le Covid, l’arrêt forcé devient difficile à vivre. « Au moment du Covid, je me suis dit quand même, on ne va pas rester inactifs, c’était un peu frustrant de rester les bras ballants », confie-t-elle.

C’est à ce moment qu’elle rejoint Caritas Alsace. Le lien se fait vite, comme une évidence.

Elle s’engage à la Maison Drouot, puis prend part dès le départ à un projet structurant en 2023 : la création de la boutique solidaire maman-bébé Cari’bouchou. Dès les premières réflexions, elle intègre le groupe de travail et participe à faire émerger le projet avec d’autres bénévoles.

Elle raconte la naissance du projet comme une longue gestation. Pendant neuf mois, l’idée a mûri au fil des échanges, jusqu’à prendre forme.

Ce qui l’a marquée, c’est cette liberté de créer à partir de rien : « C’était absolument passionnant parce que tout était à construire. »

Une « longue gestation », dit-elle, traversée de discussions, d’essais, de tâtonnements, jusqu’à l’ouverture de la boutique.

Accueillir autrement : redonner de la place aux parcours de vie

Aujourd’hui, son engagement se déploie dans l’accueil et l’écoute des familles. Elle reçoit des personnes en première rencontre ou dans un suivi régulier, au rythme de leurs besoins. Mais sa manière d’être là dépasse largement la simple assistance.

Lorsqu’une personne franchit la porte, elle ne voit pas d’abord ses difficultés. Elle cherche son histoire, son parcours, ses compétences, tout ce qui a parfois été relégué au second plan par les épreuves. « Ce qui me semble le plus important, c’est de mettre en exergue ce que les personnes savent faire, quel est leur parcours de vie, quelles sont leurs formations, comment elles peuvent rebondir, quels sont leurs atouts. »

Car elle sait combien il est difficile d’être en situation de demande. Les familles qu’elle rencontre traversent souvent des périodes de grande fragilité. Pourtant, derrière ces difficultés, elle découvre aussi des ressources, des savoir-faire, des expériences de vie riches et singulières. Ce qui la passionne, c’est précisément ce travail de mise en lumière : aider chacun à retrouver confiance dans ce qu’il sait faire, imaginer ce qu’il peut construire, partager ou coconstruire avec d’autres. Une relation qu’elle décrit presque comme un échange réciproque, nourri par la diversité et la richesse des parcours qu’elle rencontre.

Dans cet espace d’accueil, elle refuse toute posture de supériorité : « Je ne me sens pas du tout sur un piédestal. C’est très différent d’une relation professionnelle. Il y a à la fois cette présence et cette distance indispensables, mais la forme de présence est différente : elle est vraiment d’humain à humain. On n’a rien à prouver, on fait ce qu’on peut là où on est, avec notre savoir et notre propre itinéraire. »

Encourager pour remettre en mouvement

Son regard est aussi lucide sur les fragilités du dispositif : le manque de bénévoles, l’absence de salarié dédié, et la difficulté à faire vivre pleinement ce lieu pourtant essentiel. « C’est un lieu absolument merveilleux qu’on n’exploite peut-être pas assez », regrette-t-elle.

Malgré ces défis, son engagement reste intact. Il est porté par une conviction profonde : accompagner ne consiste pas seulement à répondre à un besoin immédiat, mais à redonner confiance, révéler les ressources de chacun et rouvrir des perspectives lorsque tout semble figé.

« Je crois qu’il faut vraiment encourager. Avec les familles, je travaille toujours à partir de cette ligne de vie : d’où je viens, où j’en suis aujourd’hui et où je veux aller. »

Une approche qui résonne comme le fil rouge de tout son parcours : aider les personnes à se reconnecter à leurs forces pour redevenir actrices de leur avenir.

Vous aussi, vous souhaitez devenir bénévole à Caritas Alsace ? Rejoignez nous 

Faire un don
Faire un don