Derrière les stocks de vêtements de Caritas Colmar, l’engagement sans faille de Catherine
Depuis près de sept ans, Catherine est responsable des stocks de la permanence de Caritas Alsace à Colmar. Chaque lundi après-midi et jeudi matin, elle œuvre discrètement loin des regards, au milieu des piles de vêtements, des cartons de jouets et des portants débordants. Avec patience et rigueur, elle coordonne tout le travail de tri et de préparation des ventes solidaires.
« Au départ, j’étais toute seule. Il y avait un véritable besoin de ranger la cave, et ça me convenait bien », raconte-t-elle simplement. Peu à peu, l’équipe s’est étoffée : Marie-Christine est arrivée, puis Francine pour les vêtements et Édith pour les jouets. Ensemble, elles ont transformé ce qui ressemblait autrefois à un entrepôt encombré en une véritable ruche solidaire, parfaitement organisée.
Quand la rigueur scientifique sert la solidarité
Dans les différentes pièces de la cave, chaque chose trouve sa place, rien n’est laissé au hasard. Les vêtements sont triés avec précision par taille, y compris pour les tout-petits (3 mois, 6 mois), mais aussi par saison et par catégorie. Les chaussures sont soigneusement vérifiées, les jouets nettoyés avec attention. Il y en a pour tous : enfants, femmes et hommes, dans toutes les tailles.
La rigueur de l’organisation est régulièrement remarquée lors des braderies. Les visiteurs apprécient la clarté et l’efficacité du rangement. « Moi je suis scientifique, si je cherche une casquette bébé, je veux la trouver tout de suite », explique Catherine.
Les pièces trop abîmées, déchirées, tachées ou trouées sont écartées. Lorsqu’il manque des boutons sur les vêtements, ceux restant peuvent parfois être récupérés pour des ateliers créatifs. Tout ce qui ne peut pas être conservé est ensuite donné à Vetis.
Une vie entière consacrée à transmettre et aider les autres
Avant de consacrer une partie de son temps à Caritas, Catherine a exercé durant toute sa carrière comme histologiste à l’Institut de médecine légale de Strasbourg. Son métier consistait à observer des prélèvements au microscope, établir des diagnostics et travailler avec une grande précision scientifique. Retraitée depuis sept ans, elle continue encore aujourd’hui d’intervenir comme vacataire à l’institut, où elle se rend environ une fois par semaine pour participer à d’importantes expertises.
« Avant Caritas Alsace, je faisais déjà du bénévolat un peu partout, surtout dans des associations en lien avec mon métier. J’ai donné des cours d’histologie en Afrique et participé à des missions pour récupérer du matériel destiné à des pays qui en avaient besoin. Je suis allée de nombreuses fois en Afrique. J’ai aussi travaillé avec l’ONU au Kosovo pour aider à remettre en place la médecine légale après le conflit.
Avant la pandémie de Covid, elle se rendait à l’étranger deux fois par an pour des missions de trois à quatre semaines. Sur place, elle enseignait à une vingtaine ou une trentaine d’étudiants qui bénéficiaient directement de ses cours et de son expertise.
« Le bénévolat fait partie de ma vie. Si je n’en fais pas, ça ne va pas. Je pense que mes connaissances doivent être transmises aux jeunes. Et puis, autant aider les personnes qui n’ont pas les mêmes moyens que nous. » nous confie-t-elle.
Elle ajoute, avec un sourire : « Ici à Caritas, par contre, je n’ai personne à former », dit-elle en riant.
Les braderies solidaires : une aide concrète pour des centaines de personnes
Les vêtements collectés et triés sont proposés à la vente au profit de l’association, à des prix solidaires. Trois fois par an, au printemps, en été et en hiver, Caritas Alsace organise des braderies ouvertes à tous. Ici, pas de prix à la pièce : le principe est simple, un sac rempli est vendu 15 euros, quel que soit son contenu. Une formule accessible qui permet à de nombreuses familles de s’équiper dignement tout en soutenant les actions de l’association.
Une fois par an, Caritas participe également à « Bulle solidaire », la grande braderie organisée par la Ville de Colmar. Par ailleurs, une partie des vêtements est mise à disposition des personnes accueillies à la permanence et qui en ont besoin.
Derrière ces ventes, Catherine est témoin chaque semaine d’une réalité sociale qui ne cesse d’évoluer : familles en difficulté, personnes sans domicile fixe, travailleurs pauvres… « Au XXIe siècle, ça ne devrait plus exister », confie-t-elle, face à une précarité qu’elle voit s’aggraver.
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