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De la stabilité à la précarité : l’histoire d’Aurélie

Depuis février, Aurélie, 33 ans, pousse chaque semaine la porte de l’équipe de Caritas à Blotzheim. Maman de deux filles de 6 et 9 ans, elle avance avec discrétion, derrière un sourire qui cache une histoire de rupture, de combat et de reconstruction.

Une vie qui bascule brutalement

« Je me suis retrouvée sans logement, sans travail… du jour au lendemain », confie Aurélie.

Tout commence par une séparation difficile, suivie de faits de harcèlement au travail. Très vite, elle perd sa stabilité, ses repères et glisse dans une précarité qu’elle n’aurait jamais imaginée connaître. Même lorsqu’elle parvient à trouver un logement, les difficultés financières restent omniprésentes. « J’ai trouvé un appartement, mais pas du tout dans mes moyens », explique-t-elle. Rapidement, les factures s’accumulent et elle ne parvient plus à assurer l’essentiel : nourrir ses deux filles âgées de six et neuf ans.

Tenir debout pour ses enfants

Mère célibataire, Aurélie tente malgré tout de continuer à avancer pour ses filles. Mais son métier de pâtissière complique encore davantage son quotidien.

« Mes horaires ne sont pas du tout adaptés à mes enfants », explique-t-elle.

Peu à peu, elle comprend qu’elle doit repenser entièrement son avenir : envisager une reconversion, trouver un emploi plus compatible avec sa vie de mère ou reprendre des études pour repartir sur de nouvelles bases. Arrivée récemment dans la région après avoir vécu à Nantes, Aurélie se retrouve aussi très isolée. Loin de ses repères, elle connaît encore peu de monde et doit faire face seule à cette période difficile.

Une rencontre qui change tout

Peu à peu, Aurélie découvre un univers qu’elle ne connaissait pas jusque-là : celui de l’aide sociale. « On avait une vie confortable avant… et se retrouver comme ça du jour au lendemain, au début, on a honte. On accuse le coup, c’est déprimant », confie-t-elle. Orientée vers Caritas Blotzheim par une assistante sociale, elle y trouve bien plus qu’une aide alimentaire. Elle découvre surtout une présence humaine, une écoute et un soutien précieux.

« Sans Caritas, je ne pourrais pas nourrir mes filles. Mais ce n’est pas juste une aide alimentaire. Elles m’écoutent, elles me font rire, elles essayent de me rebooster quand ça ne va pas. Ce sont des échanges qui font du bien », raconte Aurélie avec émotion.

À ce moment-là, elle traverse une profonde dépression. « Quand je suis arrivée à Caritas, je n’allais pas bien du tout… j’étais en dépression. Je ne mangeais presque plus. »

Peu à peu, grâce à cet accompagnement, elle parvient à reprendre pied.

« Elles m’ont vraiment aidée à remonter la pente, pour mes filles et pour moi. Sans l’association, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui », confie-t-elle.

Aujourd’hui encore, elle mesure l’importance de ce soutien dans son parcours.

Très pudique, Aurélie n’ose pas toujours dire à voix haute combien elle est reconnaissante envers l’équipe. Pourtant, ses mots traduisent toute l’importance de ce soutien dans sa vie : « Je ne les remercierai jamais assez. Elles font maintenant partie de ma vie. »

Aurélie avance désormais pas à pas. La fragilité est encore présente, mais l’espoir revient peu à peu. Son histoire rappelle que derrière chaque situation de précarité se cache avant tout des parcours de vie, des combats silencieux et parfois, une main tendue au bon moment qui change tout.

 

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