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Chaque lundi, l'atelier tricot de l'épicerie solidaire de Caritas, à Strasbourg Cronenbourg, permet de tisser de vrais liens d'amitié.

Tricoter des liens à l’épicerie solidaire de Cronenbourg

Un bonnet pour Khadija, une jupe pour Usha, un « brouillon » pour Azra, un bandeau pour Isabelle. Autour de la table ronde installée dans l’entrée de l’épicerie solidaire de Strasbourg Cronenbourg, les participantes de l’atelier tricot créent, partagent les dernières nouvelles, boivent le café en grignotant des spéculoos, s’échangent des conseils.

Ici, pas de distinction entre bénévoles, bénéficiaires et anciennes bénéficiaires devenues bénévoles. Juste une envie de se retrouver chaque lundi dans un petit cocon de douceur… et de pelotes !

Un atelier Caritas Alsace très apprécié

« Je ne croyais pas que j’allais réussir ! » s’exclame soudainement Usha. Dans ses mains, une jupe tricotée pour sa petite-fille. Les autres participantes la félicitent joyeusement. Elles se passent sa création pour étudier les mailles d’un air approbateur. « C’est merveilleux, merci Dominique » ajoute Usha, émue.

Dominique, c’est la bénévole à l’origine de l’atelier tricot. Elle se souvient : « j’ai une amie qui faisait du bénévolat chez Caritas Alsace depuis des années. Je me suis dit que j’allais venir voir si je pouvais être utile. Un jour, je tricotais à l’épicerie quand un monsieur d’origine afghane est entré. Quand il a vu mon tricot, il s’est métamorphosé. Il est tout à coup devenu très bavard. Cela lui rappelait son pays. »

Le tricot pour reprendre confiance

Depuis, Dominique transmet son savoir-faire à toute personne qui a envie d’apprendre à créer mitaines, éponges en laine scratch ou encore « granny square ». « Je tricote depuis que je suis gamine. Je ne voulais pas que mon expérience tombe à la poubelle ! C’est aussi une manière d’offrir un temps de partage aux personnes seules. Et de leur redonner confiance en elles. »

A l’aide de ses livres ou par l’exemple et ses conseils, Dominique « donne l’envie de faire » estime Isabelle, fidèle participante. « Ici j’apprends plein de choses, plutôt que rester chez moi à déprimer », acquiesce Usha, en commençant des fleurs en tricot pour orner la jupe. « Quand on reste seule, on ne se dit pas « tiens je vais tester ceci ou cela », reprend Isabelle. Ici, on en discute, on essaie et on voit que ça marche… Ou pas ! »

L’épicerie solidaire, lieu de convivialité

L’atelier tricot plaît tellement à Isabelle qu’elle décide, en février dernier, d’en animer un à l’épicerie solidaire de Strasbourg Neuhof. Chaque mercredi, de 13h30 à 16h, ce rendez-vous devient « le lieu de convivialité qui manque au quartier ».

« Les retraitées viennent avec leurs propres aiguilles et laine, plutôt pour papoter. Et des petites filles accompagnent leurs mamans qui ne parlent pas forcément bien français. Certaines sont plus douées que moi ! Elles regardent des vidéos de modèles et viennent à l’épicerie pour les réaliser. »

Dons de pelotes recherché !

Pour l’instant, les tricoteuses de Cronenbourg comme du Neuhof se débrouillent avec des pelotes issues de dons, chinées chez Emmaüs ou récupérées auprès de proches. Avec l’augmentation du prix de la laine et des autres matières, il est difficile d’en acheter.

Si vous avez quelques pelotes inutilisées, n’hésitez pas à les déposer en épiceries Caritas Alsace. Les tricoteuses se feront un plaisir de les transformer en pull, écharpes ou sacs.

 

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