Linda, bénévole aux petits-déjeuners à Colmar
Linda, infirmière de profession, a trouvé dans le bénévolat un autre moyen de se sentir utile et de prendre soin des autres. Depuis deux ans, elle est bénévole aux petits-déjeuners proposés à la permanence Caritas de Colmar, un rendez-vous qui donne un sens profond à sa vie.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Linda, j’ai 55 ans et je suis infirmière. À côté de mon métier, je suis bénévole depuis deux ans pour les petits-déjeuners à Colmar. C’est devenu un rendez-vous important pour moi.
Pourquoi avoir choisi de vous engager à Caritas Alsace ?
Avant de rejoindre Caritas, j’ai été bénévole dans d’autres associations, et j’ai notamment accompagné des personnes en fin de vie.
J’ai toujours eu ce besoin de me sentir utile. Dans mon métier d’infirmière déjà, il y a cette dimension de soin, d’attention à l’autre. Ici, je retrouve ça autrement. Il y a quelque chose de très fort dans ces moments simples, dans le fait d’être là, juste présent pour quelqu’un.
Qu’est-ce que vous appréciez dans votre bénévolat ?
Ce que j’aime profondément, c’est l’échange. Les gens sont très simples, ils vont à l’essentiel. Il n’y a pas de masque, pas de rôle à jouer. Ici, on a un contact vrai. On parle, on écoute, parfois on se tait aussi… mais on est ensemble. Et ça, c’est très précieux.
Qui sont les personnes que vous accueillez ?
Il y a une grande diversité de parcours. Des personnes à la rue, des personnes isolées, des retraités avec très peu de moyens, des personnes en situation de handicap… Certains viennent parce qu’ils ont faim, d’autres parce qu’ils ont besoin de voir du monde. Au fil du temps, on reconnaît les visages, les habitudes, les histoires. On voit des parcours de vie très difficiles… et on se dit que ça peut arriver à n’importe qui. Personne n’est à l’abri.
Comment se déroulent les temps d’accueil ?
En général, les gens restent une vingtaine de minutes, le temps de boire un café, de manger quelque chose. Mais pour certains, c’est plus que ça. Je pense notamment à une femme qui vient avec son enfant. Elle reste toute la matinée à la permanence parce que chez elle, la situation est compliquée, conflictuelle. Ici, elle peut souffler. C’est comme une bulle de protection pour elle.
Avez-vous un souvenir marquant à partager ?
Oui… il y en a un qui m’a profondément touchée. Pendant la période de Noël, une femme qui était elle-même dans le besoin a trouvé 50 euros par terre. Elle aurait pu les garder, bien sûr… mais elle est venue nous les donner pour que ça serve aux petits-déjeuners.
C’était un moment très fort. Je me suis dit : voilà, ça, c’est l’humanité. C’était comme un conte de Noël, mais réel.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à devenir bénévole ?
Je lui dirais de venir, simplement et d’essayer. Parce que ce qu’on vit ici, on ne peut pas vraiment l’expliquer… il faut le ressentir. C’est une expérience profondément humaine, qui change le regard qu’on porte sur les autres et sur la vie.
Quels sont les besoins aujourd’hui ?
Les dons sont vraiment essentiels. Ici, il n’y a rien de superflu : les dons servent directement à acheter des choses simples, du pain, du beurre, de la confiture… des produits de base.
Je pense que les gens devraient donner davantage, surtout ici, parce qu’on sait exactement où ça va. Et on voit concrètement à qui ça sert. C’est direct, c’est utile, c’est réel.