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Danièle Mayer, 70 ans : transmettre la langue française et créer du lien social

Chaque semaine, à la permanence Drouot à Mulhouse, Danièle Mayer, bénévole engagée, accompagne tous les mardis, un petit groupe de femmes venues des quatre coins du monde dans l’apprentissage du français.

Bien au-delà du vocabulaire et de la grammaire, ses cours sont avant tout des moments d’échange et de rencontre. Pour elle, apprendre le français ne se résume pas à une langue : c’est une porte d’entrée vers l’intégration et le lien avec les autres.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter ce qui vous a menée au bénévolat ?

Aujourd’hui, je suis à la retraite, mais j’ai eu une vie professionnelle assez variée. J’ai commencé comme assistante de direction avant de reprendre des études pour me réorienter vers les ressources humaines, puis vers l’informatique appliquée aux ressources humaines. Si je me suis engagée dans le bénévolat, c’est aussi parce qu’à un moment de ma vie, tout s’est arrêté d’un coup. J’ai beaucoup accompagné ma maman à la fin de sa vie. Et puis, quand elle est partie, il y a eu un grand vide. Je suis fille unique, je n’ai pas de famille dans la région. À ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose qui me permette de continuer à donner, à rencontrer des gens, à rester active.

C’est une amie, Ève, qui m’a parlé des cours de Français Langue Etrangère (FLE) qu’elle donne chez Caritas depuis des années. Elle m’a simplement dit : « Tu parles bien français, tu as une bonne élocution, pourquoi ne viendrais-tu pas essayer avec moi ? » Je ne savais même pas que ce type d’activité existait. J’y suis allée par curiosité… et cela fait maintenant quatre ans que je suis bénévole.

 

Comment décririez-vous votre rôle auprès des personnes que vous accompagnez ?

Je donne deux heures de cours de français par semaine à un petit groupe de sept personnes, composé exclusivement de femmes. Elles viennent de pays très différents : Ukraine, Sri Lanka, Géorgie, Turquie, Angola…

Je prépare moi-même les supports. Je cherche des textes, souvent dans les journaux ou sur Internet, puis je les simplifie pour qu’ils soient accessibles. On lit ensemble, on explique les mots, on fait un peu de grammaire, des exercices. J’ai aussi introduit dans le programme hebdomadaire, les dictées que les élèves apprécient beaucoup.

Les cours sont aussi des moments de partage. Avant de commencer, nous prenons souvent le temps d’échanger : elles me parlent de leur pays, de leur quotidien ici ou de leurs habitudes. Il arrive aussi que nous comparions nos traditions, nos fêtes ou certaines coutumes.

 

Qu’est-ce qui vous touche le plus dans votre bénévolat ?

Le courage de ces femmes. Certaines ont quitté leur pays dans des conditions très difficiles. Elles sont arrivées avec très peu de choses, parfois simplement une valise. Et malgré tout, elles ont envie d’avancer, d’apprendre, de reconstruire quelque chose. Cela me touche profondément.

Ma maman a elle-même connu l’exode pendant la guerre. Elle me racontait qu’elle avait dû quitter Strasbourg avec une seule petite valise et sa poupée en laissant tout derrière elle.   Quand j’entends certaines histoires, cela me rappelle ces souvenirs.

On réalise alors que ces parcours, même s’ils sont différents, se rejoignent parfois.

 

Qu’est-ce que ce bénévolat vous apporte personnellement ?

Beaucoup d’échanges humains. On rencontre des personnes venues d’horizons très différents et cela ouvre l’esprit. Et puis j’aime transmettre. La langue française est complexe, même et aussi pour nous ! Mais c’est une langue très riche. Aider quelqu’un à la comprendre et la pratiquer, c’est lui donner une clé pour s’intégrer et trouver sa place.

À la fin des cours, nous partageons toujours un moment convivial. Certaines apportent des gâteaux de leur pays, moi j’amène le café. Ce sont des moments simples, mais très chaleureux.

 

Quel message adresseriez-vous à ceux qui hésitent à s’engager ?

Je leur dirais que le bénévolat est avant tout une rencontre. Quand on aide quelqu’un à apprendre la langue du pays dans lequel il vit, on lui donne beaucoup plus que des mots : on lui donne la possibilité de comprendre, de communiquer, de s’intégrer. C’est une expérience profondément humaine.

Et souvent, on reçoit autant que l’on donne.

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