Journée mondiale des Solitudes : Caritas Alsace œuvre pour renouer les liens
La pauvreté n’a pas toujours le visage que l’on imagine. Elle peut prendre la forme de la solitude, une précarité invisible qui isole, fragilise et éloigne peu à peu du monde. En France, près d’un tiers de la population est en fragilité relationnelle, les plus précaires étant trois fois plus touchés*.
À l’occasion de la Journée mondiale des solitudes, Caritas Alsace souhaite rappeler que la solitude est une pauvreté à part entière, aux conséquences profondes sur la santé, le bien-être et la dignité des personnes.
Elle peut toucher chacun, à tout moment de la vie : une personne âgée vivant seule, une famille fragilisée, un habitant d’un village isolé, ou encore une femme enceinte derrière les murs d’une prison. Face à ces réalités souvent invisibles, Caritas Alsace agit chaque jour pour rompre l’isolement, recréer du lien et redonner une place à chacun.
Être mère derrière les murs : l’isolement en détention
Derrière les portes closes d’une prison, la solitude prend un visage particulier pour les femmes enceintes et les mères incarcérées. Être mère en détention, c’est vivre un isolement renforcé. L’enfant, juridiquement libre, ne peut être en lien avec les autres détenues. La mère se retrouve alors exclue de nombreux temps collectifs : promenades, activités, rencontres.
« Vivre incarcérée avec son enfant, c’est accepter de ne pas pouvoir dormir, d’être dérangée comme son bébé par les cris des autres détenues qui vont mal. C’est laver ses draps à la main, accroupie dans la cellule, par peur de transmettre des poux à son bébé. C’est devoir s’adapter sans cesse, attendre toujours.
C’est ne pas pouvoir aller au culte avec son enfant, ni en promenade avec les autres détenues. C’est l’isolement encore plus grand. Pour le bébé, le parc devient un lit, et les seules figures familières sont les surveillantes. Et puis parfois, un souffle d’air arrive de l’extérieur, avec les bribes que l’on nous apporte… » — Témoignage d’une ancienne détenue avec son bébé
En France, environ 60 accouchements ont lieu chaque année en prison, et 95 enfants sont accueillis chaque année en cellule mère-enfant.
À la Maison d’arrêt de Strasbourg, Caritas Alsace agit pour rompre cet isolement :
- En offrant aux mères détenues un accompagnement spécifique,
- En permettant aux enfants, lorsqu’ils en ont l’âge, de rencontrer d’autres enfants dans des structures de la petite enfance,
- En proposant une garde occasionnelle afin que les mères puissent participer à des activités, démarches administratives ou rendez-vous de réinsertion.
Ces initiatives soutiennent à la fois le développement de l’enfant et le parcours de réinsertion de la mère. – En savoir plus
Isolement rural : une précarité silencieuse
L’isolement dans le milieu rural ou dans les petites villes fait partie aussi des pauvretés invisibles, où les déplacements, l’achat de denrées, la visite médicale demandent une organisation conséquente. Ici, la solitude devient une précarité silencieuse, invisible mais réelle.
À Brumath, l’équipe « Raphaël » de Caritas Alsace accompagne des seniors isolés à domicile. Les bénévoles passent régulièrement, parfois plusieurs fois par semaine. Ils apportent une aide concrète (courses, rendez-vous médicaux, démarches administratives..) mais surtout une présence humaine essentielle, un moment d’écoute et de partage. – En savoir plus
Des lieux pour se rencontrer et partager
Partout en Alsace, Caritas Alsace crée des espaces où la solitude recule et où la rencontre redevient possible.
À Colmar et Strasbourg, les petits-déjeuners solidaires offrent bien plus qu’un café chaud : ce sont des bulles de fraternité et de répit pour des personnes isolées.
« À Colmar, nous accueillons désormais régulièrement des femmes avec leurs enfants. Si elles viennent, c’est parce qu’elles trouvent ici un espace de sécurité, d’écoute et de répit face à des vies marquées par l’isolement et la précarité », témoigne Anne-Marie, 86 ans, bénévole depuis plus de 20 ans.
- À Herrlisheim-Offendorf, un café solidaire, organisé une fois par mois, invite toutes celles et ceux qui souhaitent rompre la solitude à partager un moment convivial.
- À Drusenheim, un pèlerinage annuel à Marienthal rassemble toute la communauté, en veillant à ce que les personnes isolées puissent y participer.
- À Marmoutier, un petit groupe se réunit chaque mois pour partager des activités variées comme de la peinture, du bricolage, des confitures, des repas, afin de créer du lien, renforcer la confiance en soi et valoriser les talents de chacun.
- À Haguenau, en partenariat avec la Société de Saint-Vincent de Paul, l’équipe organise le Café-Sourire, une nouvelle initiative visant à rompre la solitude. Le prochain Café-Sourire se tiendra le 24 janvier.
Précarité et isolement : une urgence sociale
Parce que personne ne devrait affronter la précarité et la solitude seul, Caritas Alsace poursuit son action et invite chacun à agir : devenir bénévole, faire un don, proposer un projet solidaire. Chaque geste contribue à apporter présence, chaleur et lien humain à celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Vous souhaitez nous rejoindre en tant de bénévole ? – N’hésitez pas à nous contacter
Vous souhaitez nous soutenir en faisant un don ? – Faire un don
*Fondation de France – 15ᵉ édition de l’étude annuelle sur les Solitudes et le lien social.