André, de l’aide reçue à l’envie d’aider les autres
À quelques mois de la retraite, André regarde le chemin parcouru avec lucidité. À 63 ans, il s’apprête à tourner une page, mais certainement pas à cesser d’aider les autres.
Son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. Charcutier-traiteur en usine, il doit se réinventer après un accident du travail. Il se forme alors à la cuisine et rejoint le buffet de la gare de Colmar, où il travaille plusieurs années. Mais une nouvelle fois, la santé le rattrape.
À ces difficultés professionnelles s’ajoutent un divorce douloureux et une profonde période de solitude, loin de sa ville natale de Nancy. Des épreuves qui auraient pu le faire renoncer. Pourtant, elles vont peu à peu tracer un autre chemin.
André, une rencontre qui a tout changé
Au cœur de cette période difficile, une présence ne l’a jamais quitté : celle d’un prêtre rencontré dans sa jeunesse, alors qu’il était engagé à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Pendant trente-cinq ans, cet homme devient bien plus qu’un accompagnateur spirituel. Il connaît son histoire « presque de A à Z », l’écoute, le soutient et l’aide à retrouver confiance lorsque tout vacille.
Avant de disparaître, il lui laisse une phrase qu’André n’a jamais oubliée : « On t’a aidé. Le jour où tu le pourras, aide ton prochain comme on t’a aidé. » Une promesse qu’il garde au fond de lui, en attendant le jour où la vie lui permettra de lui donner tout son sens.
Donner à son tour avec Caritas
Quelques années plus tard, alors qu’il suit une formation, il effectue un stage à Caritas Alsace. Le hasard remet sur sa route d’anciens visages connus de son engagement de jeunesse. Très vite, il comprend qu’il est à sa place et s’engage en tant que bénévole à la Maison Drouot à Mulhouse.
Depuis bientôt sept ans, il donne de son temps à Caritas. Il accompagne les personnes à l’épicerie solidaire, participe à la gestion des stocks, organise les rayons, assure le suivi administratif de certains produits. Mais pour lui, l’essentiel est ailleurs.
« Je ne viens pas ici pour occuper mon temps. Je viens pour être à l’écoute de l’autre. Parce que je sais ce que c’est que de traverser des périodes difficiles. » Ce qui le touche le plus, ce sont ces visages qui reviennent, parfois des mois plus tard, simplement pour dire merci. Des mots simples, souvent chargés d’émotion.
Il se souvient aussi de ces anciens bénéficiaires revenus avec une nouvelle vie : « Grâce à vous, j’ai trouvé du travail. Grâce à vous, je m’en suis sorti. Heureusement que vous étiez là. ».
Pour lui, ces phrases restent gravées « Ce merci-là, il vient du cœur. C’est notre plus belle récompense. »
Continuer d’agir avec le bénévolat
Au fil des années, il observe aussi une réalité plus préoccupante : davantage de personnes en difficulté, moins de denrées dans les réserves. Pourtant, cela ne fait que renforcer sa conviction que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.
À ceux qui hésitent à devenir bénévoles, il répond simplement : « Si tu as un peu de temps et l’envie de faire quelque chose de beau pour les autres, viens découvrir Caritas. On ne vient pas seulement donner de son temps. On vient partager une part de soi. »
Son engagement lui a offert bien plus qu’une mission. À Caritas Alsace, il a aussi rencontré celle qui partage aujourd’hui sa vie. Deux parcours marqués par les épreuves, deux bénévoles qui se sont trouvés presque naturellement. Il aime dire que rien n’arrive par hasard. C’étaient des rendez-vous.
Aujourd’hui, il poursuit son chemin avec la même certitude qu’au premier jour : continuer sa vie en transmettant ce qu’il a lui-même reçu. « Comme un arbre qui donne ses fruits. »
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