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Marc, du regard professionnel à l’engagement bénévole au “30”

Au cœur de Strasbourg, la maison d’accueil « Le 30 » accompagne des personnes placées sous main de justice (1) dans leur parcours de réinsertion. Dans ce lieu où les liens se reconstruisent pas à pas, Marc s’investit comme bénévole, une à deux fois par semaine selon les besoins.

Son engagement ne s’est pourtant pas construit en un jour. Il est le fruit d’un cheminement, entre regard professionnel et désir profond de rencontre, qui l’a progressivement conduit à passer de l’observation à la présence auprès des autres.

Un parcours vers la rencontre

Avant de devenir bénévole au “30”, Marc a mené un parcours professionnel marqué par de multiples expériences. Journaliste, directeur de structures médico-sociales et sociales, puis responsable de la communication du diocèse de Strasbourg, il a approché le monde carcéral à travers des films et des reportages.

Il se souvient : « j’avais déjà croisé le monde de la prison en réalisant des films sur la maison “Le 30” et sur la présence de Dieu derrière les barreaux. Ces expériences m’avaient profondément marqué ». Puis arrive le temps de la retraite.

« Quand je suis arrivé à la retraite, j’ai ressenti le besoin de m’engager autrement », explique-t-il. Ce besoin devient une direction claire : passer du regard à la rencontre. « Je voulais être au contact direct des personnes, écouter, accompagner, sans responsabilité institutionnelle ». C’est ainsi qu’il rejoint naturellement le “30”.

Une présence au cœur du quotidien

Son rôle de bénévole consiste avant tout à partager ces moments simples du quotidien : les soirées où l’on se retrouve autour d’un repas, d’un film, d’un jeu ou de musique, selon les envies des résidents. Le mercredi matin, il participe également au petit-déjeuner.

Et puis il y a les repas mensuels qu’on construit ensemble, depuis les courses jusqu’à la préparation du dîner.

Mais son engagement ne se limite pas à ces temps de convivialité. Il accompagne aussi dans les démarches administratives, les rendez-vous médicaux, et parfois dans la recherche d’un emploi ou d’un logement. Et, quand cela est possible, il propose également des sorties culturelles, comme aller au cinéma ou assister à des conférences. Ce qui le marque surtout, c’est ce qui se reconstruit dans ces instants.

« La prison détruit le lien social. Ici, nous essayons de le reconstruire, de redonner confiance et dignité », explique-t-il. Chaque échange, chaque sourire retrouvé devient alors une forme de petite victoire.

Des liens qui continuent

Parfois, les histoires dépassent le cadre du dispositif. Marc se souvient d’un résident avec qui un lien fort s’était créé. Après sa sortie, la relation s’est poursuivie. « Institutionnellement, son suivi était terminé, mais pour moi, il était important de poursuivre cette relation », confie-t-il. Ils continuent à se voir, notamment pour aller au cinéma. Une relation simple, mais profondément humaine.

Et il résume ce que ces expériences laissent en lui : « Voir quelqu’un retrouver confiance, reconstruire sa vie et se projeter dans l’avenir est un souvenir qui reste gravé ». Aujourd’hui, Marc s’inscrit dans une équipe d’une dizaine de bénévoles aux parcours variés, qui avancent ensemble, partagent leurs expériences et ajustent leurs pratiques au fil du terrain.

Et pour lui, l’essentiel tient en une conviction simple. Etre présent, simplement, pour que personne ne traverse ces moments de vie dans la solitude.

(1) Une personne placée sous main de justice concerne désigne une personne qui fait l’objet d’une mesure restrictive ou privative de liberté par décision de justice. Cela peut concerner des travaux d’intérêt général, une mesure d’aménagement de peine (semi-liberté, bracelet électronique…) ou une peine de suivi socio-judiciaire.

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