Marie-Christine : le bénévolat pour sortir de l’isolement
Chaque semaine, dans les pièces qui servent de stockage au sein de la permanence Caritas de Colmar, des piles de vêtements changent de mains, pour être triées, rangées et préparées pour les prochaines braderies solidaires. Au milieu de cette activité discrète mais essentielle, Marie-Christine s’affaire avec le sourire. Voilà bientôt trois ans qu’elle est bénévole au sein de l’association, où elle a trouvé bien plus qu’une simple occupation : un lieu de partage, d’utilité et de rencontres.
Son histoire avec le bénévolat ne commence pourtant pas ici. Déjà engagée auparavant auprès de la S.P.A de Colmar, elle ressent, au moment de sa retraite, le besoin de poursuivre une action utile près de chez elle. Un jour, en parcourant internet, elle tombe sur un appel à bénévoles de la permanence de Colmar. Curieuse, elle franchit la porte. L’accueil chaleureux qu’elle reçoit ce jour-là sera décisif.
« Je me suis sentie bien tout de suite. J’ai été très bien accueillie et j’ai découvert une équipe très sympathique. »
« Je cherchais à aider… et à sortir de la solitude »
Pour Marie-Christine, l’engagement bénévole répond à une double aspiration. Bien sûr, il y a l’envie d’aider les autres, de contribuer à une cause qui a du sens. Mais il y a aussi une dimension plus personnelle. « Je cherchais à aider les autres et aussi à sortir de la solitude. Je vis seule, donc c’était important pour moi d’être bénévole, d’être au contact d’autres personnes. »
Avec le temps, les visages sont devenus familiers et les rendez-vous hebdomadaires se sont transformés en moments attendus. Entre les cartons à trier et les vêtements à préparer, des liens se sont naturellement tissés.
Un parcours de vie marqué par le travail intense
Avant de consacrer son temps au bénévolat, Marie-Christine a travaillé de nombreuses années dans le monde de la viticulture. Un univers passionnant mais exigeant où les journées étaient rythmées par les saisons et les salons professionnels. Elle se souvient encore de certaines préparations particulièrement éprouvantes. « Il fallait préparer des palettes qui étaient parfois plus hautes que moi. C’était très physique. » Mais derrière la fatigue, elle garde aussi le souvenir de rencontres enrichissantes. Son métier l’a mise en contact avec une clientèle venue de divers horizons : Français, Allemands, Américains, Canadiens. Une ouverture sur le monde qu’elle évoque avec plaisir.
Une deuxième famille chez Caritas Alsace
Aujourd’hui, son quotidien bénévole est bien différent. Mais il lui apporte une satisfaction tout aussi forte. Tri des vêtements, préparation des braderies solidaires, soutien logistique… Chaque tâche contribue à faire vivre les actions de solidarité de l’association. Pourtant, lorsqu’elle parle de son engagement, ce ne sont pas d’abord les missions qu’elle met en avant, mais les personnes. « C’est comme une deuxième famille. On se connaît sans forcément tout se dire, mais on est bien ensemble. »
Dans cette équipe, chacun apporte sa pierre à l’édifice. On partage le travail, mais aussi les discussions, les moments de convivialité et le sentiment d’avancer ensemble pour une même cause.
Voir la précarité de près
Au fil des années, Marie-Christine a été confrontée à des situations de grande fragilité : personnes âgées en difficulté, familles en rupture, jeunes dont le parcours a basculé. Ces rencontres l’ont marquée. « On peut vite dégringoler. Une séparation, la perte d’un travail, et on peut se retrouver à la rue. » Une réalité qui renforce sa volonté d’agir. Quand on lui demande ce qui la motive encore aujourd’hui à donner de son temps, sa réponse est simple et sincère : « Venir en aide à ceux qui en ont besoin. Voilà pourquoi je me suis engagée. » Une phrase qui résume à elle seule l’engagement de Marie-Christine : la solidarité vécue au quotidien, avec humilité, générosité et humanité.
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